Kankyô Ongaku

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«Kankyô Ongaku» compile 23 morceaux contemplatifs composés dans les années 80 par des artistes nippons, pour sonoriser les espaces publics. Soutenu par le mécénat privé, cet art du bien-être s’inspire des œuvres de Satie.

Quiconque s’est un jour rendu au Japon a sans doute remarqué l’attention toute particulière portée, dans de nombreux espaces publics et privés des grandes villes, au son sous toutes ses formes.

Les sonals, incarnés en timbres étudiés, se détachent du brouhaha des halls de gare sans avoir jamais besoin de se muer en sirènes tapageuses ; les musiques d’ambiance, pourtant tissées des mêmes nappes insubstantielles de piano et standards de bossa-nova que partout ailleurs dans le monde, habillent les bars et les ascenseurs en douceur, sans jamais s’imposer ; même en plein air, le sound design d’un musée ou d’une galerie commerciale évoque à l’occasion une avant-garde électronique qu’on s’étonne de voir si parfaitement intégrée à l’environnement, sans désarçonner ni déranger aucun passant.

En déambulant le long de la rampe intérieure du Spiral de Tokyo, centre d’art construit en 1985 dans le quartier huppé d’Aoyama par la firme de sous-vêtements Wacoal «pour fusionner les mondes de la culture et de l’entreprise», on peut par exemple profiter d’une collection remarquable d’instrumentaux synthétiques et aériens signés Yoshio Ojima, titrée en français approximatif dans le texte Une collection des chainons.

Ces derniers sonorisent discrètement les espaces hybrides conçus par l’architecte star Fumihiko Maki et nous ramènent à une époque révolue où l’utopie en milieu mégalopolitain semblait encore une réalité.

Haïku.Outre l’inclusion, pour la première fois hors du Japon, d’un morceau de la musique d’Ojima, une des vertus de Kankyô Ongaku, nouvelle compilation du label californien Light in the Attic (Lita) dans sa série consacrée à la musique populaire japonaise des années 60 à 90 (après Even a Tree Can Shed Tears, remarquable anthologie de l’aube du folk rock à l’orée des seventies) est de nous éclairer sur ce particularisme culturel et urbanistique avec une leçon d’histoire : la transformation du Japon en eldorado de l’art de vivre acoustique et de la musique d’ambiance est un fait civilisationnel et économique qui intéressera bien au-delà du milieu des mélomanes un peu pervers passionnés par les musiques utilitaires.

En Occident, on a coutume de faire remonter l’affaire de la musique décorative aux cinq pièces de «musique d’ameublement» composées par Erik Satie entre 1917 et 1923, aux concepts de John Cage ou aux premières expériences d’utilisation de BGM (background music,musique de fond) dans les usines à Chicago dès la fin du XIXe siècle, indissociables de l’essor du taylorisme et de l’aliénation de l’ouvrier américain.

Dans le texte d’introduction à l’anthologie qu’il a compilé à l’invitation de Lita, le musicien américain Spencer Doran remonte de son côté à un haïku de Bashô («La cloche du temple s’est tue./ Dans le soir, le parfum des fleurs/ en prolonge le tintement») et au «Satie boom» initié dans les années 70 par le compositeur et critique d’avant-garde Kuniharu Akiyama avec une série de récitals joués pendant deux ans à guichet fermé.

Mais si la musique de Satie est devenue l’un des jalons de la pop japonaise de l’époque, c’est surtout la philosophie d’une musique discrète et prophylactique – idéale pour aider l’âme à se guérir des désagréments de la vie dans la supernova capitaliste – qui a fait florès dans une société japonaise plus prospère que jamais auparavant dans son histoire mais au bord de la crise de nerfs perpétuelle.

Hybrides.Kankyô Ongaku, dont le titre signifie littéralement «musique environnementale», rassemble 23 morceaux ou extraits de pièces qui se présentent à la fois comme des avatars typiquement japonais – et immédiatement reconnaissables comme tels par leur sophistication – de l’ambient de Satie et Brian Eno, et des hybrides uniques aux confins de la recherche de bien-être, de l’avant-garde acoustique et du mécénat d’entreprise.

Avant même de reconnaître tel ou tel nom d’un pionnier de la pop locale (Haruomi Hosono, à l’honneur de plusieurs rééditions chez Lita cet été) ou du rock progressif (Akira Ito, du Far East Family Band), on remarquera qu’une partie des œuvres compilées sont le fait plus ou moins direct de commandes d’entreprises comme Sanyo, Seiko, Toyota ou Muji, et destinées à habiller les espaces d’un bâtiment ou être offertes à la livraison d’un module d’air conditionné.

Le musicien présenté comme le plus central et influent de la sélection, Satoshi Ashikawa, était à la fois un chercheur passionné par l’idée d’une musique qui permette à l’individu «d’établir une relation à son environnement plus pure et similaire à celle des temps pré-industriels»et un entrepreneur chanceux dont la boutique avant-gardiste, Art vivant, était financée par la chaîne de grands magasins Seibu.

D’autres, tels le pionnier Hiroshi Yoshimura – dont les premières installations sonores remontent à 1973 – ou Takashi Kokubo, sont devenus des ambianceurs et acousticiens réputés, sonorisant autant les centres commerciaux que les passages souterrains, les immeubles de bureau ou les maisons modèles.

C’est tout le double paradoxe de l’ambient, musique volontairement discrète qui à la fois s’offre comme une marchandise idéale par sa capacité à se fondre dans le décor ou être vampirisée par la publicité et qui remet radicalement en cause les habitudes d’écoute trop déterminées de la musique populaire.

L’ahurissant nombre d’écoutes sur YouTube – média dont on sait combien il accompagne la vie des salariés du secteur tertiaire – de plusieurs œuvres compilées ici tendrait en tout cas à prouver l’aubaine qu’elles présentent à nos sens une trentaine d’années après leur conception.

Comme si, au-delà de leur beauté – parfois détachée, parfois intense – et de la poussière typique des années 80 qu’elles charrient, ces pièces de musique, dont le premier projet était d’être discrètes, abritaient effectivement une habilité à nous apaiser momentanément de l’acmé perpétuelle d’une modernité vociférante et ultraconnectée, celle de notre temps – comme si elles l’avaient prémédité.

Olivier Lamm, Libération (15 mars 2019)

Kankyô Ongaku, Japanese Ambient, Environmental & New Age Music 1980-1990 (Light in the Attic Records).

Os Tincoãs

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Os Tincoãs era um grupo popular de música brasileira da Bahia, principalmente ativo nas décadas de 1960 e 1970. Eles recebem o nome do pássaro Tincoã, uma subespécie do cuco de esquilo originário do Brasil. O membro sobrevivente Mateus Aleluia ainda é muito ativo na música e composição.

 

Twisted Nerve – Bernard Herrmann

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« Twisted Nerve » is not rated, but contains violence, some sexual overtones, mature thematic elements, and some brief nudity and language. Twisted Nerve is a rather well made film that deals with the psychopathology of a 21 year old man.

An Academy Award-winner (for The Devil and Daniel Webster, 1941; later renamed All That Money Can Buy), Herrmann is particularly known for his collaborations with director Alfred Hitchcock, most famously Psycho, North by Northwest, The Man Who Knew Too Much, and Vertigo. He also composed scores for many other films, including Citizen Kane, Anna and the King of Siam, The Day the Earth Stood Still, The Ghost and Mrs. Muir, Cape Fear, Fahrenheit 451, and Taxi Driver.