Jean Gabin – Je Sais

 

 

 

Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes,
J’parlais bien fort pour être un homme.
J’disais :  » Je sais … Je sais … Je sais … Je sais …  »
C’était le début, c’était l’printemps.

 

Et quand j’ai eu mes dix-huit ans
J’ai dit  » Je sais, ça y est, cette fois je sais « .
Et aujourd’hui, les jours où j’m’retourne
J’regarde la terre où j’ai quand même fait les cent pas
Et je n’sais toujours pas comment elle tourne.

Vers vingt-cinq ans j’savais tout
L’amour, les roses, la vie, les sous.
Tiens oui, l’amour j’en avais fait tout l’tour
Mais heureusement comme les copains
J’avais pas mangé tout mon pain.

C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots :
Le jour où quelqu’un vous aime
J’peux pas mieux dire :
Il fait très bon, il fait très beau.
C’est encore c’qui m’étonne dans la vie
Moi qui suis à l’automne de ma vie
On oublie tout : les soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse.
Toute ma jeunesse j’ai voulu dire  » je sais  »
Seul’ment plus j’cherchais et moins j’savais
Y a soixante coups qu’ont sonné à l’horloge
J’suis encore à ma fenêtre, j’regarde et j’interroge
Maint’nant je sais, je sais qu’on n’sait jamais.

La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
On n’sait jamais
Ni la couleur des roses
C’est tout c’que je sais
Et ça, j’le sais.

 

Jean Gabin (1974)
Paroles de Jean Dabadie et Philipe Green

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